Les collégiens du Pierre-Adt au premier plan

La 2e édition du festival du film d’actualité dans les écoles s’ouvrira ce jeudi, au cinéma Le Paris, à Forbach. 28 courts-métrages seront présentés. Zoom sur l’équipe du collège Adt, en compétition et qui animera le festival.

Jeudi et vendredi, le cinéma Le Paris de Forbach accueille la 2e édition du festival du film d’actualité dans les écoles. Parmi les participants, une équipe est particulièrement impliquée. C’est celle de Pierre Oswald. Professeur d’histoire au collège Pierre-Adt, il anime également l’atelier cinéma de l’établissement et est surtout l’un des initiateurs de la manifestation (avec Frédéric Amella et Jean-Claude Dunkhorst).
Les dix élèves ayant participé au projet assureront la présentation des films et remettront les récompenses. Mais ils participent également au festival, avec un court-métrage intitulé « Je suis arrivé ». Sur un thème évidemment d’actualité, et plutôt sensible, les migrants.

Aux côtés de Pierre Oswald, un des organisateurs du festival du film d’actu, l’équipe avec laquelle il a réalisé un court-métrage poignant sur les jeunes migrants. Photo Philippe RIEDINGER.

 

Témoignages poignants

« Le travail a commencé en septembre 2015, avec un groupe qui était alors en 3e au collège », explique Pierre Oswald. Des jeunes qui avaient intégré l’atelier depuis la 5e, comme Fatima, Mahera, Asma et Dudu. « A la base, on faisait plus des fictions », expliquent les filles. Qui ont donc basculé dans le documentaire. Avec un sujet difficile. « On avait d’autres idées, mais celui-là s’est imposé. »
Les établissements de Forbach et Behren notamment, accueillent des enfants venus d’Irak ou de Syrie. Devant la caméra, ils ont livré une partie de leur parcours, ont expliqué pourquoi ils étaient partis et surtout pourquoi ils sont arrivés ici. Pour chercher la paix. Ils sont « On a cumulé les images, sans savoir quand ça allait s’arrêter », explique Pierre Oswald.
A la fin de l’année scolaire, l’équipe quittait le collège pour partir au lycée. Un nouveau groupe s’est alors formé à la rentrée suivante, avec cette fois des 6e. Qui ont pris le relais, avec, toujours, le soutien de leurs aînés.

 
Un message à faire passer

 

Le film livre une histoire qui utilise le cinéma pour faire aussi de l’éducation civique. « La trame est venue au fur et à mesure », annonce Pierre Oswald. On part des témoignages des gamins, partagés entre la souffrance de cet exil forcé et l’espoir d’une vie meilleure… Comme la petite Jawara, submergée par l’émotion.
Les élèves de 6e se sont alors mués en observateurs, en commentateurs. Notamment face à une image qui a fait le tour du monde, celle de cet enfant syrien retrouvé mort noyé sur une plage de Turquie. « Il y a eu discussion, débat, mais cette photo reflète une époque », explique Pierre Oswald. « Et nous avons pris le temps de la décortiquer. » En parallèle, les gamins sont confrontés à une autre image, elle aussi choquante dans son genre, celle des affiches anti-migrants placardées à Béziers.
Les réactions des jeunes sont sincères et interpellent. Tom (11 ans), confie : « Par rapport à tout ce qu’on entend, j’avais pas cette image… J’ai eu un déclic. » Noah (11 ans) ou Eledjola (12 ans), expliquent vouloir « faire passer un message, que ceux qui n’ont pas vécu ça comprennent ». Au lieu de juger. Ce message essentiel, il viendra clore le court-métrage, qui sera présenté en ouverture du festival.

 
Michel LEVILLAIN

Source : RL du 07/06/2017